Candide en Chine - 憨第德

27 juin 2010

L'illustrateur Jimmy - 绘本画家幾米

Un ami chinois m'a fait découvrir, il y a longtemps, un illustrateur taïwanais connu sous le pseudonyme "Jimmy" (幾米) ou "Jimmy Liao". L'univers de ce créateur de 51 ans est particulièrement riche et intriguant. De prime abord, on peut considérer que ses réalisations sont destinées aux enfants, mais en réalité, son talent poétique et sa vision du monde si personnelle, à la fois douce, absurde et teintée d'humour, s'adressent à l'intimité de tous. Certains de ses livres ont été traduits en français.

J'aime particulièrement la première histoire du livre 听幾米唱歌 (Ecoute Jimmy chanter)

我听不见彩虹出现的声音,我听不见太阳落下的声音. 
花开雪飘的惊喜,我听不见, jimmy
风吹草动的危险,我听不见.
猎人的枪声, 天使的哭声,我听不见.
我只听见寂寞,在草丛里来来回回地奔跑 !

Je n'entends pas le son de l'arc-en-ciel qui apparaît, je n'entends pas le son du soleil qui se couche.
Ces moments surprenants, quand les fleurs éclosent, quand les flocons de neige flottent dans le ciel, je ne les entends pas.
L'herbe qui tremble de danger au moindre souffle du vent, je ne l'entends pas.
Le coup de fusil du chasseur, le sanglot de l'ange, je ne les entends pas.
Je n'entends que la solitude, lorsque je cours, dans tous les sens, à travers les touffes d'herbe.

Liens utiles

Posté par fredericdmartin à 12:36 - Poésie - 诗歌 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,


10 mars 2010

Le moteur de recherche Baidu - 百度网站 搜索引擎

On m'a plusieurs fois demandé ce que signifiait Baidu 百度, le nom du principal moteur de recherche en République populaire de Chine (http://www.baidu.com/). L'origine de ce nom est assez intéressante. "Baidu" est une expression extraite d'unlanterne poème composé sous la dynastie Song, par Xin Qiji (1140-1207).

青玉案
东风夜放花千树。
      更吹落,星如雨。
      宝马雕车香满路。
      凤箫声动,玉壶光转,一夜鱼龙舞。
蛾儿雪柳黄金缕,笑语盈盈暗香去。
      众里寻她千百度,——蓦然回首,那人却在,灯火阑珊处。

Essai de traduction libre (merci de votre indulgence et de votre aide pour l'améliorer ! ):
La nuit de la fête des Lanternes (sur l'air de La Table de jade vert)

La nuit, le vent d'Est agite les fleurs des arbres par milliers,
Là-haut, les étoiles tombent comme la pluie,
Les chevaux et leurs attelages avancent parés dans la rue emplie de parfums.
On entend les flûtes de Phénix, les pots de jade étincellent, les poissons-dragons dansent dans la nuit.
Les papillons de nuit volent comme des flocons d'or dans les saules,
Rires et paroles en abondance, dans l'obscurité qui se retire.

Au milieu de la foule, je la cherche cent et mille fois,
Quand soudain - elle tourne la tête, et je la trouve là, éclairée par les lanternes à l'éclat de corail.

C'est également ce sens qui est suggéré dans le slogan associé à ce moteur de recherche 百度一下,你就知道 (baidu yi xia, ni jiu zhi dao), Recherche donc et tu auras la réponse : Baidu ne signifie plus "cent fois" mais "recherche" !

Ce poème a été adapté en chanson http://www.youtube.com/watch?v=57KOfwVienk

La prononciation

dōng fēng yè fàng huā qiān shù
gēng chuī là xīng rú yǔ
bǎo mǎ diāo chē xiāng mǎ lù 

fēng xiāo shēng dòng
yù hú guāng zhuǎi
yī yè yú long wǔ
é'r xuě lǐu huáng jīn lǔ
xiào yǔ yíng àn xiāng qù

zhòng lǐ xún tā qiān bǎi dù
mò rán huí shǒu
nā rén què zài
dēnghuǒ lán shān chǔ

(source de la photo illustrant ce billet : http://blog.sxtvs.com/?uid-69112-action-viewspace-itemid-32037)

Posté par fredericdmartin à 18:41 - Poésie - 诗歌 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : ,

14 février 2009

[poème] - A la recherche de l'ermite - Jia Dao - 寻隐者不遇 - 贾岛

Ce poème de Jia Dao (779-843), de la dynastie Tang, a été l'un de mes premiers coups de coeur et l'une des raisons pour lesquelles je me suis décidé, il y a cinq ans, à apprendre le chinois. J'étais fasciné - et je le suis encore, par ce petit récit, tout en allusion, en expressivité, en consision. Peu de moyens, quelques mots, quelques images, suffisent à représenter une scène qui, au delà de l'anecdote, renvoie à la quête impossible de la sagesse.

À la recherche de l'ermite, sans le rencontrer

Sous les pins, j'interroge le jeune disciple.
Il dit : le maître est parti cueillir des simples.
Là seulement, au plein coeur de ces montagnes,
Sous les lourds nuages, on ne sait pas où...

En caractères traditionnels :

尋隱者不遇 xún yǐn zhě bú yù

松 下 問 童 子 sōng xià wèn tóng zǐ
言 師 採 藥 去 yán shī caǐ yào qù
只 在 此 山 中 zhǐ zài cǐ shān zhōng
雲 深 不 知 處 yún shēn bù zhī chù

En caractères simplifiés :

寻隐者不遇

松下问童子
言师采药去
只在此山中
云深不知处

C'est grâce au site de Jean-Victor Gruat, animateur, compilateur et archiviste de la liste de discussion fr.lettres.langue.chinoise que j'avais fait cette heureuse découverte.

Plus tard, lorsque je me suis rendu à Xi'an, la capitale du premier empereur, j'ai trouvé en haut de la Tour de la Cloche ce panneau de bois sculpté qui illustre le poème.

100_0972

Liens utiles :

  • La page consacrée à ce poème sur le site de Jean-Victor Gruat
  • La récitation du poème et l'explication aux enfants
  • Une explication de texte
  • Le cours du Professeur Zhao Qianxiang

Posté par fredericdmartin à 13:37 - Poésie - 诗歌 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,


  1