Les objets de jade Cong - 玉琮
Je suis littéralement fasciné par un objet de jade ancien, dont la forme pure et unique ne cesse de m'intriguer. J'en ai vu plusieurs dans les musées, à Paris, à Shanghai et cette fascination me pousse à en savoir plus sur cet artefact dont on ignore la fonction exacte. Il s'agit du cong, objet méconnu, à la différence du disque bi, toujours utilisé, lui sous forme de pendentif.
En voici une brève présentation (que j'ai transformé en ébauche d'article pour Wikipedia) :
En archéologie chinoise, le terme Cong (chinois: 琮; pinyin: cóng) désigne un objet de jade sculpté, de forme tubulaire, datant de l'âge néolithique.
Les plus anciens datent de la culture Liangzhu (3400-2250 av. J-C), qui en a produit en grand nombre. On en trouve encore sous les dynasties Shang et Zhou.
Sa spécificité réside dans l'imbrication de deux formes : sa section externe est carrée mais sa section interne est ronde. Par ailleurs, sa surface est décorée de différents niveaux ou registres représentant de façon stylisée des masques d'homme-dieu ou d'animal mythique.
Le plus souvent découvert en contexte funéraire, associé à d'autres artefacts de jade (disques bi, haches), il semble avoir rempli une fonction rituelle, que l'on ne connaît pas précisément. Les Rites des Zhou l'associe symboliquement à la terre, tandis que le disque bi représente le ciel.
La variété de jade utilisée est la néphrite, comme pour tous les jades chinois de la période archaïque.
[NB : photo prise au Nanjing museum par Gary L. Todd, Ph.D. ]
Indications bibliographiques
Les jades néolithiques chinois / [contributions de Christophe Comentale, Laurent Long, Tong Peihua, Zhang Jingguo] ; [pour l'ACI Du chopper au brillant], [Paris] : Museum national d'histoire naturelle, cop. 2008, 1 vol. (81 p.) : ill., couv. ill. ; 30 cm
Art et archéologie : la Chine du néolithique à la fin des Cinq Dynasties, 960 de notre ère / Danielle Elisseeff ; Paris : École du Louvre : RMN, 2008
"Neolithic Chinese Jades", Angus Forsyth, in Jade. Ed. Roger Keverne. New York: Van Nostrand Reinhold, 1991. pp. 88-109.
Liens externes
Fiche descriptive d'un cong conservé au musée Guimet
Monastère suspendu de Xuankong - 悬空寺
Une merveille de l'architecture chinoise : ce monastère accroché à la paroi rocheuse depuis plus de 1 400 ans.

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Il est situé près de la ville de Datong, dans la province du Shānxī (山西, "à l'ouest de la montagne"), à ne pas confondre avec celle, limitrophe, du Shǎnxī (陕西, "à l'ouest de Shan").
Cette construction suprenante, dont le nom chinois 悬空寺 signifie "monastère suspendu dans les airs", compte aujourd'hui plus de 40 édifices reliés par des passerelles extrêment étroites. Lorsqu'on les parcourt, lorsqu'on entre dans les petites salles creusées dans la falaise, on se demande par quel prodige une telle structure ne s'effondre pas.
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Et cette prouesse dure depuis bien longtemps : la construction du monastère a débuté au début du VIe siècle. Pour les Chinois, c'est précisément sa position si particulière qui a permis sa longévité : à l'abri du vent et des précipitations.
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Autre sujet d'étonnant pour nous : ce monastère est voué tout à la fois aux trois principaux cultes de la Chine : le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme. Les statues des vénérables, des saints, des sages de ces trois traditions spirituelles se côtoient dans les mêmes salles de prières.
Manuscrits de Dunhuang - 敦煌手抄本
Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, vient de mettre en ligne plusieurs milliers de manuscrits, parmi lesquels des trésors de la littérature française tels que l'Esprit des Lois de Montesquieu, A la Recherche du Temps perdu de Marcel Proust, L'Education sentimentale de Flaubert et des chefs d'oeuvre du Moyen Age comme la légende du roi Arthur ou le Roman de la Rose...
On y trouve aussi les manuscrits chinois de Dunhuang.

Da Tang xi yu ji 大 唐 西 域 記 [par Xuan zang 玄 奘]., Xuan zang 玄 奘,0801-0900
Pelliot chinois - 3814 - f. 2
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8303094t.item.f2
La ville de Dunhuang (敦煌 dūn huáng) était une étape importante sur la Route de la Soie, devenue en quelques siècles un haut-lieu de la diffusion du bouddhisme en Chine. En 1908, lors d'une mission archélologique, le sinologue français Paul Pelliot acquiert auprès du gardien des grottes Mogao un ensemble important de manuscrits antérieurs au XIe siècle, aujourd'hui conservés à la BnF.
Depuis 1994, le programme International Dunhuang Project bénéficiant du soutien de la Fondation Mellon, vise à numériser la totalité de cette collection, dispersée entre l'Allemagne, la Chine, la France, le Japon, le Royaume-Uni, et la Russie.
Grâce à Internet et au numérique, ce patrimoine inestimable renaît et se recompose sous nos yeux.
Liens utiles
- Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France
- Les manuscrits chinois et tibétains dans Gallica
- Le blog de Gallica
- Le site du projet International Dunhuang Project, en anglais, en français, en chinois
La lettre au capitaine Butler - 致巴特勒上校的一封信
Une affaire récente me donne l'occasion de rappeler un texte de Victor Hugo, réagissant sur le sac du Palais d'Eté en 1860 commis par les corps expéditionnaires français et anglais.
"Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine.(...)
ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s’appelait le Palais d’été (...). Cette merveille a disparu.
Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs (...) Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.
Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.
Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais. L’empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd’hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.
J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée."
Victor Hugo, Lettre au capitaine Butler, le 25 novembre 1861
En chinois :
您问我对於远征中国的看法。(...)
从前在世界的一方有个奇迹:这个世界奇迹叫圆明园。(...) 这个奇迹现在消失了。
一天,两个强盗闯入圆明园,一个掠夺,一个纵火。似乎获得胜利就可以当强盗了;两个胜利者把大肆掠夺圆明园的所得对半分赃。(...) 伟大的功勋,喜人的收获。一个胜利者装满了身上所有的口袋,另一个见了,也把一个个保险箱装满。于是,他们手挽手笑着回到欧洲。这就是两个强盗的故事。
我们欧洲人是文明人,中国人在我们眼里是野蛮人,这就是文明对野蛮所干的勾当。
在历史面前,一个强盗叫法兰西,另一个强盗叫英国。但是我抗议。我感谢您给我这个机会让我申明:统治者所犯的罪行并不是被统治者的错误;政府有时是强盗,但人民永远不会作强盗。
法兰西帝国侵占了这次胜利的一半成果;今天,他以一种所有者的天真,炫耀着圆明园里的灿烂古董。
我希望,铲除污垢后解放了的法兰西把这些赃物归还给被掠夺过的中国的那一天将会到来。"
维克多*雨果, 致巴特勒上校的一封信, 1861年11月25日
Liens
- Le texte intégral de la lettre
- La traduction en chinois
- Trois auteurs de l’Académie française évoquent le sac du Palais d’Eté (Victor Hugo, Pierre Loti et Pierre-Jean Rémy), une émission de Canal Académie
Les ornements zoomorphiques - 吻兽
L'architecture traditionnelle chinoise est célèbre pour ses toits incurvés, qui dessinent dans le ciel des lignes courbes et majestueuses. L'une des caractéristiques les plus singulières est la présence, sur les toits des palais et des anciennes demeures de dignitaires, de figurines en terre cuite, parfois vernissées. Ces figurines, appelées wěnshòu (吻兽) représentent des animaux légendaires. Elles sont placées, en une série de 5 à 9 animaux, sur les arêtes principales des toits et sur les corniches.
Dans la culture ancienne, ces représentations chimériques avaient pour fonction de protéger les bâtiments des esprits malfaisants.

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Cette photo prise à la Cité interdite montre une série de wěnshòu, émaillées en jaune, la couleur impériale.
Le plus important de ces animaux, en taille comme en puissance symbolique, est incontestablement chī wěn 螭吻, sorte de dragon féroce et formidable à queue de poisson, appelé aussi 吞脊兽 tūnjǐshòu (la bête qui avale les arêtes des toits). On le trouve à l'une des extrémités de l'arête principale.
Liens utiles :
- "Les ornements zoomorphiques" sur Chinatoday
- "L'architecture chinoise traditionnelle" sur ParisBeijing
- "吻兽: 细微之处的中国文化" sur Chinaculture
- "Toit et moi" sur Couleurs-éternite



