Comment traduire en chinois " A quelque chose malheur est bon " ? C'est tout simple, il faut dire "Le Vieux de la Frontière a perdu son cheval " !!

madaochenggongDerrière la plupart des proverbes chinois, qui sont appelés "Cheng yu 成语 ou expression toute faite", se cache une petite histoire. Un peu comme les Fables de la Fontaine , lorsqu'on dit "c'est la grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu'un boeuf", ou bien "moi je suis plus cigale que fourmi ".

Les Chinois utilisent très fréquemment dans la conversation courante ces courtes expressions (quatre syllabes en général) qui résument une petite scène, une situation. Quand on parle avec eux, il faut s'attendre à tout moment à des phrases comme " Le Vieux de la Frontière a perdu son cheval 塞翁失马 / " Attaquer son bouclier avec sa propre lance 自相矛盾 / " briser les marmites et couler les bateaux 破釜沉舟 ". Pas facile, lorsqu'on ignore tout de l'origine des ces expressions !
Dernièrement à l'école ;-), j'ai étudié l'histoire du Vieux de la Frontière. Je la connaissais déjà, mais dans une version plus courte. Voici la longue, mais il en existe d'innombrables variantes.

塞翁失马
战国时期有一位老人,名叫塞翁。他养了许多马,一天马群中有一匹走失了。邻居们听到这事,都来安慰他不必太着急,年龄大了,多注意身体。赛翁笑笑说 丢了一匹马损失不大,说不定还是好事呢。
邻居听了赛翁的话,心里觉得好笑。马丢了明明时件坏事,怎么会是好事,显然是自我安慰。可是过了没几天,丢的马不仅自己回家,还带回一匹骏马。
邻居听说马自己回来了,向塞翁到河道贺说: " 还是您老有远见 , 马不仅没有丢,还带回一匹马,真是福气呀。"
赛翁听了邻人的祝贺,反倒一点高兴的样子都没有,他说 : "白白得了一匹好马,不一定是什么夫气。"
赛翁有个独生子,非常喜欢骑马。带回来的那匹马,他一看就知道是匹好马。他每天都骑着它出去,心中洋洋的意。
一天,他高兴得有些过火,大马飞奔,从马上摔下来,摔断了腿。邻居听说,都来看望。
赛翁说: " 没什么,腿摔断了,可是保住了性命,或许是福气呢。"
果然,不久,发生战争,青年人都被拉去当兵。赛翁的儿子因为摔断了腿,不能去当兵。许多青年都战死了,而赛翁的儿子保全了性命。

Le Vieux de la Frontière a perdu son cheval

Au temps des Royaumes combattants, il y avait un vieil homme, qu’on appelait le Vieux de la Frontière. Il élevait de nombreux chevaux. Un jour l’un d’entre eux s’enfuit. Les voisins en apprenant cela, vinrent tous le consoler  en lui disant de ne pas s’inquiéter, qu’il était agé et qu’il devait prendre soin de sa santé. Le Vieux de la Frontière leur répondit en souriant que perdre un cheval n’était pas un grand malheur et que c’était peut-être même une bonne chose.

Les voisins trouvèrent ridicules les paroles du Vieux de la Frontière, perdre un cheval c’est évidemment une mauvaise chose, comment cela pourrait-il être bon ? C’est manifestement un moyen de se consoler soi-même. Pourtant, au bout de quelques jours seulement, non seulement le cheval perdu regagna le troupeau, mais il était accompagné d’un cheval de race.

Les voisins en apprenant que le cheval était revenu de lui-même, présentèrent leurs félicitations au Vieux de la Frontière en disant : « Vous êtes vraiment clairvoyant, non seulement le cheval n’est plus en fuite, mais il est revenu avec un bon cheval, c’est assurément un événement heureux. »

Au contraire, le Vieux de la Frontière quant à lui n’avait pas l’air heureux. Il leur dit : «  gagner un bon cheval sans rien faire, il n’est pas certain que ce soit un événement heureux. »

Le Vieux de la Frontière avait un fils unique, qui aimait beaucoup monter à cheval. Dès qu’il vit le nouveau cheval, il sut que c’en était un bon. Tous les jours il le montait et son coeur était rempli de joie.

Un jour, sa joie fut si grande qu’il dépassa la mesure, en faisant galoper son cheval aussi vite que le vent. Il tomba et dans sa chute, se cassa la jambe. Les voisins en apprenant cela, lui rendirent visite.

Le Vieux de la Frontière dit : « C’est vrai, il s’est cassé la jambe, mais sa vie n’est pas en danger, ce n’est peut-être pas un malheur. »

En effet, peu après, la guerre éclata. Tous les jeunes hommes furent enrôlés, excepté le fils du Vieux de la Frontière, parce qu’il avait la jambe cassée. Il y eut beaucoup de morts, mais le fils du Vieux de la Frontière, lui, garda la vie sauve.

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